Sports sénégalais : l'ancienne ministre tire la sonnette d'alarme pour sa successeure
En passant ainsi le flambeau, Khady Diène Gaye offre à sa successeure une boussole précieuse, fondée sur l'expérience du terrain ; elle lui signale que la volonté politique ne suffit pas toujours face à des intérêts solidement enracinés.

La passation de service au ministère des Sports et de la Jeunesse a été l'occasion d'un avertissement sans détour. Khady Diène Gaye a prévenu Djireye Clotilde Coly que certains intérêts bien établis dans le secteur sportif n'hésiteront pas à contre-attaquer si elle décide de les bousculer.
Lors de la cérémonie officielle marquant le transfert de responsabilités entre les deux femmes, l'ancienne ministre a pris la parole avec une franchise rare dans ce type d'exercice protocolaire. Sans chercher à enrober son propos, Khady Diène Gaye a prévenu sa successeure : toucher à certains intérêts dans le monde du sport sénégalais expose à des représailles. Un discours d'adieu qui ressemblait davantage à une mise en garde qu'à une simple remise de témoin.
Ce type d'avertissement n'est pas anodin dans un secteur où les enjeux financiers et symboliques sont considérables. Le sport sénégalais, porté notamment par le football et la lutte, brassent des ressources importantes et mobilisent des réseaux d'influence qui dépassent largement les frontières du terrain. Les fédérations sportives, les sponsors, les agents et les structures de formation constituent autant de pôles de pouvoir qui ont, par le passé, résisté aux tentatives de réforme venues du sommet de l'État.
Djireye Clotilde Coly hérite d'un portefeuille qui n'est pas de tout repos. Le ministère des Sports et de la Jeunesse porte des dossiers sensibles, parmi lesquels la gouvernance des fédérations, la gestion des infrastructures et la politique de détection des jeunes talents. Autant de chantiers sur lesquels les intérêts en place ont souvent su imposer leur rythme, voire bloquer les réformes jugées menaçantes pour leurs positions acquises.
La situation n'est pas propre au Sénégal. Sur l'ensemble du continent africain, les ministres chargés des sports se heurtent régulièrement à des logiques de clans et à des appareils fédéraux peu enclins à la transparence. Le bras de fer entre les pouvoirs publics et certaines structures sportives est une constante qui a conduit, dans plusieurs pays, à des crises ouvertes, des suspensions de fédérations ou des conflits judiciaires prolongés.
La nouvelle ministre devra désormais confirmer, par ses premières décisions concrètes, si elle entend s'appuyer sur cet avertissement pour construire une stratégie d'action ou si les résistances annoncées auront raison de son élan réformateur.
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