Sonko Premier ministre : une militante de l'APR dresse un bilan sans concession
Maïmouna Sène, figure du parti de l'ancien président Macky Sall, s'en prend vivement à l'ex-chef du gouvernement Ousmane Sonko, contestant aussi bien son action à la tête de l'exécutif que son comportement à l'Assemblée nationale.

Depuis la rupture consommée entre Ousmane Sonko et le président de la République Bassirou Diomaye Faye, les critiques s'accumulent contre l'ancien Premier ministre, et elles ne viennent plus seulement de l'opposition traditionnelle. Maïmouna Sène, membre du secrétariat exécutif national de l'Alliance pour la République (APR), le parti fondé par l'ancien chef de l'État Macky Sall, a pris la parole pour dresser un réquisitoire appuyé contre le bilan et la gouvernance de Sonko durant son passage à la Primature.
La militante de l'APR pointe les insuffisances de l'action gouvernementale de l'ancien Premier ministre, estimant que son passage à la tête du gouvernement n'a pas été à la hauteur des attentes. Elle remet également en cause la posture adoptée par Sonko à l'Assemblée nationale, où il siège désormais en tant que député, après avoir été limogé de son poste de chef du gouvernement en mars 2025 par le président Faye.
Cette prise de position illustre une dynamique politique singulière au Sénégal : l'APR, longtemps ciblée par Sonko comme symbole du régime qu'il entendait renverser, se retrouve aujourd'hui à pointer les mêmes failles que celles dénoncées par d'autres observateurs au sein même du camp au pouvoir. Le retournement de situation nourrit des débats sur la cohérence des positionnements politiques dans un pays où les alliances et les ruptures se succèdent à un rythme soutenu.
Sonko reste une figure clivante dans le paysage sénégalais. Porté par une base militante fidèle, notamment chez les jeunes et dans la diaspora, il conserve une influence réelle malgré sa sortie du gouvernement. Ses partisans rejettent en bloc les critiques formulées par ses adversaires, qu'ils perçoivent comme des attaques politiciennes destinées à fragiliser le leader du Pastef avant d'éventuelles échéances électorales.
Dans un contexte où plusieurs pays africains traversent des phases de recomposition politique après l'arrivée de nouvelles générations au pouvoir, le cas sénégalais retient l'attention. La capacité du président Faye à gouverner sans Sonko, tout en gérant les turbulences internes à sa coalition, constitue un test majeur pour la stabilité de l'alternance de mars 2024.
La prochaine prise de parole publique de Sonko, très attendue par ses partisans comme par ses détracteurs, dira si l'ancien Premier ministre entend reprendre l'initiative politique ou laisser la polémique s'éteindre d'elle-même.
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