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Somalie : le gouvernement annonce une « période de transition » à la fin d’un mandat présidentiel sans élections à l’horizon

# Somalie : fin de mandat sans urnes, Hassan Sheikh s'offre un an de plus

Somalie : le gouvernement annonce une « période de transition » à la fin d’un mandat présidentiel sans élections à l’horizon
Somalie : le gouvernement annonce une « période de transition » à la fin d’un mandat présidentiel sans élections à l’horizon — Photo : La Rédaction / À l'Heure
Afrique

Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud arrive au terme de son mandat sans qu'aucune élection ne soit organisée. Son gouvernement a annoncé une « période de transition », une décision que l'opposition interprète comme une manœuvre de maintien au pouvoir.

Mogadiscio traverse une nouvelle zone de turbulences politiques. Alors que le mandat du président Hassan Sheikh Mohamud touche à sa fin, aucun scrutin n'est programmé à l'horizon. Face à ce vide électoral, le gouvernement somalien a officialisé ce qu'il appelle une « période de transition », estimant que cette situation permet au chef de l'État de prolonger automatiquement son exercice du pouvoir d'une année supplémentaire.

Du côté du palais présidentiel, on défend une lecture constitutionnelle : l'absence d'élections organisées dans les délais prévus rendrait cette prolongation non seulement légitime, mais nécessaire pour garantir la continuité de l'État. Une argumentation que l'opposition rejette catégoriquement. Pour les formations rivales, cette « transition » n'est qu'un habillage juridique destiné à permettre à Hassan Sheikh Mohamud de s'accrocher à un pouvoir qu'il n'a plus le droit d'exercer selon les règles ordinaires du jeu démocratique.

La Somalie n'est pas à son premier épisode de ce type. Le pays, ravagé depuis les années 1990 par des décennies de guerre civile, d'instabilité institutionnelle et d'insurrection jihadiste conduite par les Shebab, a régulièrement vu ses processus électoraux reportés, négociés en arrière-salle ou simplement contournés. Le système politique somalien, qui repose sur un fragile équilibre clanique, rend chaque transition particulièrement délicate à gérer. Hassan Sheikh Mohamud lui-même avait déjà exercé la présidence entre 2012 et 2017, avant d'être réélu en mai 2022 par un Parlement fédéral, dans un scrutin indirect — et non au suffrage universel direct [À confirmer pour le mode de scrutin exact de 2022].

Pour l'Afrique, ce scénario somalien résonne comme un écho douloureux d'une pratique bien connue sur le continent. Des situations similaires — mandats prolongés, constitutions révisées, transitions sans fin — ont alimenté des crises majeures au Burundi, au Mali, au Togo ou encore en Guinée. Sur ce registre, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) comme l'Union africaine peinent encore à imposer des mécanismes contraignants face aux dirigeants qui s'arrogent des rallonges de pouvoir. La Somalie, membre de l'Union africaine mais au statut institutionnel fragilisé, illustre à nouveau les limites du droit continental à s'imposer face aux réalités du terrain.

Pour le Sénégal, qui a lui-même traversé une période de tension institutionnelle autour des scrutins de 2024, cette actualité somalienne rappelle combien la question de l'alternance démocratique reste un chantier ouvert sur tout le continent africain. Elle pose également la question des garde-fous constitutionnels réels dont disposent les citoyens face à des exécutifs tentés par la prolongation de leur règne, qu'elle soit légale ou arrangée.

La crise politique à Mogadiscio est désormais ouverte, et les regards se tournent vers les partenaires internationaux de la Somalie Union européenne, Nations unies, Ligue arabe pour savoir s'ils entendent peser sur le cours des événements ou laisser les acteurs locaux trouver, seuls, une issue à cette impasse démocratique.

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