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Méditerranée : un navire humanitaire dénonce des tirs et des menaces des forces libyennes dans les eaux internationales

# Méditerranée : des gardes-côtes libyens tirent sur un navire de sauvetage européen

Méditerranée : un navire humanitaire dénonce des tirs et des menaces des forces libyennes dans les eaux internationales
Méditerranée : un navire humanitaire dénonce des tirs et des menaces des forces libyennes dans les eaux internationales — Photo : Rédaction à l'heure / À l'Heure
Afrique

Des coups de feu ont été tirés en direction d'un bateau humanitaire qui portait secours à des migrants en fuite, dans des eaux internationales. Les embarcations utilisées par les forces libyennes avaient été fournies par l'Union européenne et l'Italie.

Mardi, un navire de l'ONG allemande Sea-Watch a essuyé des tirs en provenance d'embarcations libyennes alors qu'il menait une opération de sauvetage en Méditerranée. À bord du bateau humanitaire se trouvaient quelque 90 personnes qui tentaient de fuir la Libye. L'incident s'est produit en eaux internationales, ce qui en fait une violation flagrante du droit maritime selon l'organisation.

Ce qui rend l'affaire particulièrement embarrassante pour les capitales européennes, c'est l'origine des moyens nautiques utilisés par les forces libyennes : ces embarcations ont été livrées à Tripoli dans le cadre d'accords de coopération conclus avec l'Union européenne et l'Italie. Depuis plusieurs années, Rome et Bruxelles financent et équipent les gardes-côtes libyens au nom du contrôle des flux migratoires, une politique régulièrement dénoncée par les organisations de défense des droits humains.

La Libye est depuis 2011, année de la chute de Mouammar Kadhafi, un pays plongé dans une instabilité chronique. Elle est devenue l'un des principaux points de transit pour les migrants africains qui tentent de rejoindre les côtes européennes. Des centaines de milliers de personnes originaires d'Afrique subsaharienne — dont un nombre significatif venant d'Afrique de l'Ouest, parmi lesquels des Sénégalais — y ont transité ces dernières années, souvent dans des conditions de violence extrême, entre centres de détention, réseaux de trafiquants et traversées meurtrières.

Pour le Sénégal et ses voisins de la sous-région, cette actualité résonne avec une douleur familière. Des jeunes Sénégalais figurent régulièrement parmi les victimes de naufrages en Méditerranée ou parmi les personnes interceptées et renvoyées en Libye, où des témoignages font état de traitements inhumains [À confirmer pour les chiffres précis les plus récents]. La question migratoire reste un sujet politiquement sensible à Dakar, pris en étau entre pression sociale, engagement diplomatique avec l'Europe et devoir de protection envers ses ressortissants.

L'incident met également en lumière une contradiction de plus en plus difficile à ignorer : l'Europe finance des forces qui, en théorie, doivent sécuriser les frontières, mais qui, en pratique, opèrent sans contrôle indépendant dans des zones grises juridiques. Sea-Watch et d'autres ONG réclament depuis longtemps un mécanisme de supervision international des opérations libyennes, sans succès à ce jour.

Alors que les traversées de la Méditerranée reprennent avec l'amélioration des conditions météorologiques printanières, cet épisode risque de relancer le débat sur la responsabilité de l'Europe dans les violences subies par des migrants africains aux portes de son territoire.

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