Mali : une nouvelle offensive djihadiste relance les inquiétudes sur la sécurité au Sahel
Le 25 avril 2026, le Mali a été frappé par une vague d'attaques jihadistes d'envergure, ravivant les craintes d'un embrasement durable dans une région déjà fragilisée par des années de conflit.

---
Le Sahel reste une plaie ouverte. Plus de dix ans après le début de la crise sécuritaire malienne, les groupes armés jihadistes continuent de démontrer leur capacité de nuisance, frappant à nouveau le Mali de manière coordonnée à la fin du mois d'avril 2026. L'offensive a suscité une avalanche de questions de la part du public, auxquelles Benjamin Roger, journaliste au *Monde Afrique* et spécialiste reconnu de l'Afrique de l'Ouest, a tenté de répondre dans un format vidéo publié par le quotidien français.
Le Mali vit sous la menace jihadiste depuis 2012, année où des groupes armés parmi lesquels des factions liées à Al-Qaïda et, plus tard, à l'État islamique ont pris le contrôle du nord du pays avant d'être partiellement repoussés par l'intervention militaire française Serval, puis Barkhane. Malgré la présence pendant près d'une décennie de forces internationales, dont la Minusma sous mandat onusien, la situation ne s'est jamais stabilisée durablement. Depuis le double coup d'État militaire de 2020 et 2021, la junte au pouvoir à Bamako a fait le choix de rompre avec ses partenaires occidentaux et de se tourner vers le groupe paramilitaire russe Wagner rebaptisé Africa Corps pour assurer une partie de sa sécurité. Un pari dont les résultats restent, à ce stade, très contestés.
L'ampleur exacte de cette offensive du 25 avril, le nombre de victimes et les zones précisément touchées n'ont pas été détaillés dans les informations disponibles à ce stade [À confirmer]. Mais le simple fait qu'une telle attaque coordonnée ait pu se produire interroge sur l'efficacité du dispositif sécuritaire en place, dans un pays où l'armée nationale, les supplétifs Wagner et diverses milices d'autodéfense coexistent désormais sur le terrain sans que la paix soit au rendez-vous.
Pour le Sénégal et les pays côtiers du golfe de Guinée, ces événements ne sont pas sans résonance. Depuis plusieurs années, des experts et des gouvernements alertent sur la progression des groupes jihadistes vers le sud, en direction du Bénin, du Togo, de la Côte d'Ivoire et du Ghana. Le Sénégal, qui partage une frontière avec le Mali via la région de Kédougou et la Casamance, n'est pas à l'abri d'une porosité sécuritaire croissante. Les autorités de Dakar ont jusqu'ici maintenu une relative stabilité, mais la vigilance reste de mise, d'autant que des réseaux de recrutement et de financement opèrent parfois à distance des zones de combat [À confirmer].
Au-delà des frontières, cette nouvelle poussée de violence illustre l'échec collectif à apporter une réponse durable à la crise sahélienne. Le retrait des forces françaises, la dissolution du G5 Sahel dans sa forme initiale et la méfiance croissante des juntes au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger vis-à-vis des partenaires traditionnels ont créé un vide que ni les solutions militaires locales ni la présence russe ne semblent combler. La question de la gouvernance, du développement économique et du dialogue communautaire souvent reléguée au second plan s'impose pourtant comme la clé de toute sortie de crise durable.
La situation au Mali continuera d'être scrutée de près dans les semaines à venir, alors que la communauté internationale cherche encore, sans succès manifeste, la formule capable de rendre au Sahel une paix que ses populations attendent depuis trop longtemps.
Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article.


