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Le solaire domestique, une clé pour sortir l'Afrique du noir

Des centaines de millions d'Africains privés d'électricité, des États à court de moyens pour moderniser leurs réseaux : le photovoltaïque installé sur les toits s'impose comme une réponse concrète et immédiate à une crise énergétique qui dure.

Le solaire domestique, une clé pour sortir l'Afrique du noir
Le solaire domestique, une clé pour sortir l'Afrique du noir — Photo : La Rédaction / À l'Heure
Économie

Le continent africain porte depuis des décennies un paradoxe douloureux : il regorge de ressources naturelles, dont un ensoleillement exceptionnel, mais plus de 600 millions de ses habitants n'ont toujours pas accès à une électricité fiable. Pendant ce temps, les gouvernements peinent à trouver les financements nécessaires pour étendre ou remettre à niveau des infrastructures électriques vieillissantes, souvent héritées de la période coloniale et pensées pour des économies d'une autre époque.

Dans ce contexte, le solaire en toiture offre une alternative que les schémas classiques de développement énergétique ne proposaient pas : produire de l'électricité là où elle est consommée, sans attendre le déploiement coûteux de lignes à haute tension. Les hôpitaux ruraux, les écoles de quartier, les petits commerces peuvent ainsi s'alimenter de manière autonome, sans dépendre d'un réseau national défaillant. C'est précisément dans ces usages de proximité que réside la force du modèle.

Au Sénégal, la question est loin d'être abstraite. Le pays s'est fixé des ambitions énergétiques importantes dans le cadre de son plan Sénégal Émergent, avec un objectif d'accès universel à l'électricité. Pourtant, de nombreuses localités rurales restent encore mal desservies, et les délestages continuent d'affecter les ménages comme les entreprises dans les zones urbaines. Le solaire en toiture pourrait alléger la pression sur le réseau de la Senelec tout en apportant une solution rapide à déployer, à condition que les mécanismes de financement adaptés soient mis en place.

Sur le reste du continent, plusieurs pays ont commencé à intégrer ces solutions décentralisées dans leurs politiques énergétiques. L'Afrique du Sud, le Kenya ou encore le Rwanda expérimentent des cadres réglementaires permettant aux particuliers et aux entreprises d'investir dans des installations solaires individuelles. Ce mouvement de fond est soutenu par la baisse continue des coûts des panneaux photovoltaïques, qui ont chuté de façon spectaculaire en vingt ans, rendant la technologie accessible à des acteurs qui en étaient exclus.

L'enjeu dépasse la simple question technique. Il touche à la souveraineté énergétique des États africains, à la résilience de leurs économies et à la capacité des populations les plus fragiles à accéder à des services essentiels. Un hôpital qui ne subit plus les coupures de courant soigne mieux ; une école éclairée le soir prolonge le temps d'apprentissage. Ce sont des gains concrets, mesurables, qui ne dépendent pas d'un grand projet d'infrastructure mais d'une multiplication de petites décisions locales.

La prochaine étape sera de voir si les gouvernements africains, et notamment Dakar, sauront bâtir les cadres juridiques, fiscaux et financiers capables de transformer ce potentiel en réalité à grande échelle.

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