Le Sénégal forme ses acteurs du biogaz pour bâtir une mobilité plus propre
Le Sénégal a officiellement lancé, mercredi 3 juin à Dakar, un programme de renforcement des capacités dédié aux acteurs du secteur du biogaz, avec pour ambition d'accélérer sa transition vers une énergie plus propre et une mobilité urbaine durable.

C'est sous l'égide du ministère de l'Énergie et du Conseil exécutif des transports urbains durables qu'a démarré cet atelier inaugural. L'initiative bénéficie du soutien de la Suède, partenaire engagé dans plusieurs programmes de développement durable en Afrique de l'Ouest. Elle s'inscrit dans une volonté politique affirmée de diversifier les sources d'énergie du pays et de réduire sa dépendance aux hydrocarbures importés.
Le biogaz, produit par la décomposition de matières organiques, représente une alternative concrète et locale face aux combustibles fossiles. Au Sénégal, où les déchets agricoles, les effluents d'élevage et les ordures ménagères abondent, le potentiel de cette filière reste largement sous-exploité. Former des techniciens, des entrepreneurs et des décideurs à maîtriser cette technologie constitue donc un préalable indispensable avant tout déploiement à grande échelle.
La dimension «mobilité durable» mérite une attention particulière. L'implication du Conseil exécutif des transports urbains durables dans ce programme signale une volonté d'explorer le biogaz comme carburant alternatif pour le transport collectif, un secteur qui pèse lourd dans la pollution urbaine de Dakar et des autres grandes villes sénégalaises. Plusieurs pays africains, dont l'Éthiopie et le Rwanda, ont déjà expérimenté des flottes de véhicules fonctionnant au biogaz, avec des résultats encourageants sur la réduction des émissions.
À l'échelle continentale, la transition énergétique africaine reste un chantier complexe. L'Afrique subsaharienne dispose d'une ressource biomasse considérable, mais les infrastructures de transformation et les compétences locales font défaut dans la majorité des pays. Le pari sénégalais de miser sur la formation avant l'investissement industriel traduit une approche pragmatique, qui tranche avec les projets d'envergure souvent annoncés sans ancrage technique suffisant.
L'atelier de Dakar marque une première étape ; la véritable mesure du succès se lira dans les mois à venir, à travers les projets concrets que les acteurs formés seront capables de porter sur le terrain.
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