Eau à la peine : Sen'Eau signale des coupures dans Dakar, Rufisque et Thiès
Des milliers d'habitants de la région de Dakar et de Thiès se retrouvent depuis peu confrontés à des difficultés d'approvisionnement en eau potable. La société Sen'Eau a officiellement reconnu la situation dans un communiqué adressé à ses abonnés.

La perturbation touche plusieurs zones géographiques distinctes : Dakar et ses quartiers périphériques, la banlieue, la ville de Rufisque ainsi que Thiès. Selon Sen'Eau, les manifestations vont d'une simple baisse de pression dans les canalisations jusqu'à une absence totale d'eau dans certaines localités. Pour des ménages dont le quotidien dépend entièrement du réseau public, une telle interruption constitue une épreuve immédiate, qu'il s'agisse de cuisiner, d'assurer l'hygiène familiale ou de faire tourner une petite activité économique.
Cette situation n'est pas nouvelle dans le paysage sénégalais. Depuis des décennies, la capitale et ses environs connaissent des épisodes récurrents de manque d'eau, liés à une infrastructure vieillissante, à une demande urbaine en forte croissance et à la pression exercée par l'étalement de la banlieue dakaroise. Le transfert de la gestion du service à Sen'Eau, qui a succédé à la Sénégalaise des Eaux, devait marquer un tournant dans la qualité et la continuité du service. Pourtant, les coupures restent une réalité que de nombreux Dakarois apprennent à gérer tant bien que mal, en stockant l'eau dans des bidons ou en recourant aux vendeurs ambulants.
L'enjeu dépasse largement le confort domestique. L'accès à l'eau potable est un droit reconnu par les Nations unies et un indicateur central du développement humain. En Afrique de l'Ouest, plusieurs capitales font face à des défis similaires : infrastructures insuffisantes, populations urbaines en expansion rapide, ressources en eau soumises à une pression croissante liée au changement climatique. Le Sénégal, qui s'est doté d'un cadre ambitieux avec son Plan d'action pour le secteur de l'eau et de l'assainissement, peine encore à garantir un service sans interruption à l'ensemble de ses citoyens urbains.
Pour les populations les plus vulnérables, celles qui vivent dans des quartiers moins bien desservis ou qui ne disposent pas de moyens de stockage, chaque coupure amplifie les inégalités d'accès. Le recours aux sources alternatives, souvent plus onéreuses et parfois moins sûres, pèse directement sur le budget des foyers les plus modestes. Cette réalité interroge la capacité des opérateurs et des pouvoirs publics à garantir une continuité de service digne de ce nom dans les zones les plus densément peuplées du pays.
La résolution durable de ces perturbations dépendra des investissements consentis dans la modernisation du réseau et de la clarté des engagements pris par Sen'Eau vis-à-vis de ses abonnés ; les populations touchées, elles, attendent des réponses concrètes et rapides.
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