Compteurs intelligents : la Senelec face à un nouveau blocage réglementaire
Cette nouvelle décision de l'ARMP oblige la Senelec à revoir sa copie et relance le débat sur la capacité de l'entreprise publique à conduire des procédures d'acquisition conformes aux standards internationaux dans des délais raisonnables.

Le régulateur sénégalais de la commande publique vient de rendre une décision défavorable à la Senelec dans le cadre d'un appel d'offres international portant sur l'acquisition de compteurs intelligents. Un revers supplémentaire pour la société nationale d'électricité, déjà sous pression sur plusieurs fronts.
L'Autorité de régulation de la commande publique (ARMP) a sanctionné la procédure engagée par la Senelec pour l'achat de compteurs intelligents, un marché financé par la Banque mondiale. Cette décision s'inscrit dans un contexte de surveillance accrue des marchés publics au Sénégal, où les procédures d'attribution font l'objet d'un contrôle de plus en plus rigoureux de la part des instances de régulation.
La modernisation du parc de compteurs est pourtant un enjeu stratégique pour la Senelec. Le passage aux compteurs intelligents, dits «smart meters», permettrait à la société de réduire les pertes techniques et commerciales, de mieux gérer la distribution et de lutter efficacement contre la fraude sur le réseau électrique. Ces pertes représentent un manque à gagner significatif pour une entreprise dont l'équilibre financier reste fragile depuis plusieurs années.
Ce n'est pas la première fois que la Senelec se trouve au coeur de turbulences administratives autour de ses marchés. La société a connu par le passé plusieurs controverses liées à des procédures d'appel d'offres contestées, dans un secteur où les montants en jeu sont considérables et où les intérêts des fournisseurs internationaux se croisent avec les exigences des bailleurs de fonds. L'implication de la Banque mondiale dans le financement de ce marché ajoute une dimension supplémentaire, les partenaires extérieurs étant particulièrement attentifs au respect des règles de transparence.
À l'échelle du continent, la question de la modernisation des infrastructures électriques reste entière. De nombreux pays africains peinent à sécuriser le financement et la mise en oeuvre de projets similaires, souvent ralentis par des blocages institutionnels, des contentieux entre soumissionnaires ou des failles dans les procédures. Le Sénégal, qui ambitionne d'améliorer son taux d'électrification et la qualité de son service, ne fait pas exception à cette réalité.
La suite de ce dossier dépendra de la réponse que la Senelec entend apporter à cette décision réglementaire, et de sa capacité à relancer le processus sans compromettre davantage le calendrier de modernisation de son réseau.
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