Dakar 28°C · ciel clairMarée haute 14h12
Mis à jour il y a 4 min📄 Édition papier · S'abonner

Code électoral : Fada exige le consensus, l'opposition dénonce le silence de Diomaye

Modou Diagne Fada, membre du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), a réaffirmé ce dimanche sur la RFM que toute modification du code électoral doit être

Code électoral : Fada exige le consensus, l'opposition dénonce le silence de Diomaye
Code électoral : Fada exige le consensus, l'opposition dénonce le silence de Diomaye — Photo : La Rédaction / À l'Heure
Politique

Le débat sur une éventuelle révision du code électoral sénégalais reprend de la vigueur. Modou Diagne Fada, figure du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), monte au créneau pour rappeler qu'aucune force politique, aussi majoritaire soit-elle à l'Assemblée nationale, ne saurait modifier unilatéralement les règles qui encadrent les élections.

Invité de la RFM ce dimanche, l'ancien président de l'Assemblée nationale a été catégorique : toute retouche au code électoral doit résulter d'un accord entre les différentes composantes de la classe politique sénégalaise. Pour lui, modifier seul les règles du jeu revient à fragiliser la légitimité même du processus démocratique, quel que soit le camp au pouvoir.

Cette position n'est pas nouvelle dans le paysage politique sénégalais. Depuis les grandes réformes électorales des années 1990, obtenues au terme de longues négociations entre le Parti socialiste et une opposition alors très structurée, le principe du consensus électoral est considéré comme un acquis fondamental. C'est dans cet esprit qu'ont été créés des cadres de concertation comme le Code électoral consensuel de 1992, fruit d'un dialogue difficile mais salué comme un modèle sur le continent.

Fada a également pointé un autre sujet de tension : les courriers adressés par l'opposition au président Bassirou Diomaye Faye seraient restés sans réponse. Ce silence de la présidence, s'il se confirme, traduit une rupture de dialogue préoccupante entre l'exécutif et une partie de la classe politique, à un moment où le Sénégal traverse une période de recomposition institutionnelle profonde.

L'enjeu dépasse les frontières sénégalaises. À l'échelle africaine, plusieurs pays ont vu leur stabilité fragilisée par des réformes électorales imposées par des majorités parlementaires acquises au pouvoir en place, sans concertation véritable avec l'opposition. La Côte d'Ivoire, la Guinée ou encore le Mali ont, à des degrés divers, connu des crises nées de ce type de forcing institutionnel. Le Sénégal, souvent cité comme un modèle de démocratie stable en Afrique de l'Ouest, a précisément construit cette réputation sur sa capacité à négocier ses règles communes.

La question est désormais posée clairement : la coalition au pouvoir, forte de sa majorité à l'Assemblée nationale, choisira-t-elle la voie du dialogue ou celle du passage en force ? La réponse orientera durablement la qualité du climat politique au Sénégal dans les mois à venir.

Partager
WhatsApp
X
Facebook
Copier

Commentaires

Soyez le premier à commenter cet article.

Code électoral : Fada exige le consensus, l'opposition dénonce le silence de Diomaye | À l'Heure