Centenaire de Wade : la famille Koli Tenguella honore un avocat avant le politique
Les célébrations autour de ce centenaire se poursuivent à travers le pays, et d'autres témoignages pourraient encore venir enrichir le portrait d'un homme dont l'histoire, visiblement, n'a pas fini d'être racontée.

Alors que le Sénégal célèbre les cent ans de Maître Abdoulaye Wade, un hommage inattendu vient rappeler que l'ancien président fut d'abord un homme de droit avant d'être un homme de pouvoir. La famille Koli Tenguella, établie entre le Sénégal et la Mauritanie, lui exprime publiquement sa gratitude pour un acte posé bien avant que son nom ne résonne dans les arènes politiques.
C'est en 1966 que Maître Abdoulaye Wade, alors simple avocat, entre dans l'histoire personnelle de cette famille. À une époque où il n'était pas encore la figure controversée et centrale de la vie politique sénégalaise que l'on connaît, il a posé un acte dont la famille Koli Tenguella garde la mémoire intacte, plusieurs décennies plus tard. Cet épisode illustre une dimension souvent éclipsée par les turbulences de la vie publique : celle de l'homme avant le symbole.
La famille Koli Tenguella tire son nom de l'un des grands conquérants de l'histoire ouest-africaine, Koli Tenguella, figure fondatrice de l'empire du Fouta Toro au XVIe siècle. Cette lignée, dont les membres sont aujourd'hui répartis entre le Sénégal et la Mauritanie, incarne une mémoire peule et sahélienne ancrée dans la longue durée. Que ce soit elle qui prenne la parole pour saluer Wade en dit long sur la façon dont certains gestes traversent le temps et les générations.
La démarche intervient dans le contexte d'un centenaire qui divise autant qu'il rassemble. Abdoulaye Wade, fondateur du Parti Démocratique Sénégalais, président de la République de 2000 à 2012, reste une personnalité clivante. Son bilan politique, marqué par des réalisations monumentales mais aussi par des controverses, continue d'alimenter les débats. Pourtant, des voix comme celle de la famille Koli Tenguella choisissent de mettre en avant l'homme d'avant la présidence, rappelant que la grandeur ne se mesure pas uniquement à l'aune du pouvoir exercé.
Ce type d'hommage familial et communautaire s'inscrit dans une tradition africaine de reconnaissance orale et publique, où la parole donnée à ceux qui ont bien agi constitue en elle-même un acte social fort. Dans une société sénégalaise où la mémoire collective se transmet souvent par les griots, les familles et les communautés, saluer un homme à cent ans pour ce qu'il a fait à trente ans relève d'une logique de justice mémorielle profondément enracinée.
Au-delà de l'anecdote, cet hommage invite à regarder Abdoulaye Wade sous un angle moins partisan, en interrogeant ce que fut son parcours avant que la politique ne le façonne définitivement. Le centenaire pourrait ainsi devenir l'occasion d'une réflexion plus large sur l'héritage des grandes figures sénégalaises, loin des seules querelles de chapelles.
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