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Centenaire de Wade : Diomaye appelle à l'unité et envoie un message à son propre camp

Le président Bassirou Diomaye Faye a profité de la cérémonie marquant le centième anniversaire d'Abdoulaye Wade pour lancer un appel solennel à la cohésion nationale, tout en adressant des critiques implicites à ses camarades de Pastef.

Centenaire de Wade : Diomaye appelle à l'unité et envoie un message à son propre camp
Centenaire de Wade : Diomaye appelle à l'unité et envoie un message à son propre camp — Photo : La Rédaction / À l'Heure
Politique

La célébration du centenaire de l'ancien chef de l'État sénégalais, figure tutélaire du libéralisme politique au Sénégal, a servi de cadre inattendu à une prise de position du chef de l'État en exercice. Devant une assistance réunie pour honorer celui qui a dirigé le pays pendant douze ans, Diomaye Faye a appelé les Sénégalais à dépasser leurs divisions, dans un contexte où les tensions internes à la coalition au pouvoir alimentent les conversations politiques.

Sans désigner nommément ses cibles, le président a glissé dans son discours des remarques perçues comme des piques adressées à certains responsables de Pastef, le parti fondé par Ousmane Sonko dont il est issu. Ces formulations à peine voilées n'ont pas échappé aux observateurs, qui y voient le signe d'un malaise grandissant entre le chef de l'État et une partie de sa base politique, peu de temps après l'accession au pouvoir de la coalition Yewwi-Pastef en mars 2024.

Le choix de la cérémonie wadiste comme tribune n'est pas anodin. Abdoulaye Wade, fondateur du Parti Démocratique Sénégalais, incarne à lui seul plusieurs décennies de vie politique nationale, marquées par une longue opposition avant son élection en 2000, puis deux mandats présidentiels jusqu'en 2012. Rendre hommage à cette trajectoire tout en appelant à l'unité revient, pour Diomaye Faye, à se placer dans une posture de rassembleur dépassant les clivages partisans, posture qui contraste avec le ton combatif souvent associé à son camp.

Cet épisode révèle les tensions propres à l'exercice du pouvoir pour une formation politique longtemps habituée à l'opposition. Gérer les attentes d'une base militante exigeante, tout en gouvernant pour l'ensemble du pays, est un équilibre difficile que nombre de dirigeants africains ont connu après leur arrivée au pouvoir. Au Sénégal, pays réputé pour la vivacité de son débat démocratique, ces frictions internes sont scrutées de près, aussi bien par l'opposition que par la société civile.

La relation entre Diomaye Faye et Pastef, dont Ousmane Sonko assure toujours la direction, continuera d'être au coeur des analyses politiques dans les semaines à venir, alors que le gouvernement doit faire face à des dossiers économiques et sociaux de grande ampleur.

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