Au Tchad, la Banque mondiale sollicitée pour raccorder 500 zones sans réseau
Avec 87 % de sa population encore hors connexion en 2024, le Tchad engage un partenariat stratégique avec la Banque mondiale pour combler ses zones blanches télécoms et accélérer sa transformation numérique.

Le gouvernement tchadien a officiellement sollicité l'appui de la Banque mondiale afin d'étendre la couverture télécom à quelque 500 localités non desservies sur son territoire. Cette démarche s'inscrit dans une stratégie plus large visant à faire du numérique un levier de développement économique et social pour ce pays enclavé d'Afrique centrale.
Le contexte est lourd. Selon les données de l'Union internationale des télécommunications (UIT), moins d'un Tchadien sur sept utilisait Internet en 2024, ce qui place le pays parmi les nations les moins connectées du continent. L'absence d'infrastructures dans les zones rurales et périphériques, conjuguée à des conditions géographiques difficiles, explique en grande partie ce retard. Le Tchad n'est pas un cas isolé : de nombreux États sahéliens et d'Afrique centrale font face au même défi structurel, où l'investissement privé des opérateurs télécoms reste insuffisant dans les zones peu rentables.
La Banque mondiale est un partenaire habituel de ce type de projet sur le continent. Elle a déjà financé des programmes similaires au Sénégal, au Niger ou encore en République démocratique du Congo, souvent dans le cadre de fonds dédiés au développement des infrastructures numériques. Ces interventions combinent généralement subventions publiques et incitations aux opérateurs privés pour pénétrer des marchés jugés non viables commercialement.
Pour le Sénégal et plus largement pour l'Afrique de l'Ouest, la démarche tchadienne rappelle des enjeux communs. Malgré des progrès notables, notamment grâce au Programme d'universalité des services télécoms, des poches d'exclusion numérique persistent dans les zones frontalières et les régions rurales reculées. La couverture universelle reste un objectif non atteint pour la majorité des pays africains, freinant l'accès à l'éducation en ligne, aux services financiers mobiles et aux plateformes de santé digitale.
Le dossier tchadien illustre une tendance de fond : face au désengagement relatif des opérateurs privés dans les zones non rentables, les États africains se tournent de plus en plus vers les bailleurs multilatéraux pour financer la brique de base que constitue la connectivité. C'est un choix pragmatique, mais qui pose la question de la soutenabilité à long terme de ces infrastructures une fois les financements extérieurs épuisés.
La concrétisation de ce partenariat entre N'Djamena et la Banque mondiale constituera un test important pour mesurer la capacité du Tchad à transformer ses ambitions numériques en réalités tangibles pour ses populations les plus éloignées.
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