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Au ministère de la Famille, une nouvelle ministre annonce la fin du social d'assistance

La transition à la tête du ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités s’est opérée ce lundi entre la ministre sortante Maïmouna Dièye et sa successeure, Marie

Au ministère de la Famille, une nouvelle ministre annonce la fin du social d'assistance
Au ministère de la Famille, une nouvelle ministre annonce la fin du social d'assistance — Photo : La Rédaction / À l'Heure
Société

Une cérémonie de passation de service a marqué lundi le début d'une nouvelle ère à la tête du ministère de la Famille, de l'Action sociale et des Solidarités, avec l'arrivée de Marie Angélique Mame Selbé Diouf en remplacement de Maïmouna Dièye. La nouvelle ministre a d'emblée tracé les contours d'une politique sociale qu'elle veut résolument tournée vers le changement structurel.

La passation entre les deux femmes a obéi au protocole habituel, mais c'est le discours inaugural de la nouvelle responsable qui a retenu l'attention. Marie Angélique Mame Selbé Diouf a affiché une ambition claire : rompre avec une approche de l'action sociale perçue comme trop passive, trop centrée sur l'assistance immédiate, au détriment d'une transformation durable des conditions de vie des populations vulnérables.

Ce positionnement n'est pas anodin dans le contexte sénégalais. Depuis des décennies, le ministère de la Famille concentre des compétences étendues, de la protection de l'enfance à la solidarité nationale, en passant par le soutien aux femmes et aux personnes en situation de handicap. Ces missions touchent des millions de Sénégalais, en particulier dans les zones rurales où les filets sociaux demeurent insuffisants et où l'accès aux services de base reste limité.

La volonté affichée de sortir des logiques d'assistance s'inscrit dans un débat plus large qui traverse l'Afrique subsaharienne. De nombreux pays du continent cherchent à faire évoluer leurs politiques sociales vers des dispositifs dits «productifs», capables de générer de l'autonomie économique plutôt que de perpétuer la dépendance aux transferts. Des expériences menées au Kenya, en Éthiopie ou au Rwanda montrent que ce virage est possible, mais qu'il exige du temps, des ressources et une coordination solide entre administrations.

Au Sénégal, la question se pose avec une acuité particulière dans un contexte marqué par la pression démographique, un chômage des jeunes persistant et des inégalités de genre qui freinent le développement. Le ministère de la Famille est souvent considéré comme un levier sous-exploité, dont le potentiel réel dépend moins des discours d'intention que des arbitrages budgétaires et de la volonté politique réelle de réformer les dispositifs existants.

La nouvelle ministre prend ses fonctions à un moment où le gouvernement du Premier ministre Ousmane Sonko affirme vouloir refonder l'action publique sur des bases nouvelles. Les prochains mois diront si les ambitions exprimées lors de cette passation de service se traduisent en actes concrets pour les familles sénégalaises les plus fragiles.

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