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Au Kenya, la France à l’offensive pour investir en Afrique

# France-Afrique : Paris relance sa stratégie d'investissement depuis Nairobi

Au Kenya, la France à l’offensive pour investir en Afrique
Au Kenya, la France à l’offensive pour investir en Afrique — Photo : Rédaction à l'heure / À l'Heure
Afrique

*La France tente de reconquérir sa place économique sur un continent africain de plus en plus courtisé par de nouveaux partenaires. Le sommet Africa Forward, ouvert le 11 mai à Nairobi, a servi de tribune à cet affichage d'ambitions.*

La capitale kényane a accueilli, à partir du 11 mai, le sommet Africa Forward, une rencontre placée sous le signe des opportunités d'investissement sur le continent. La France y a fait entendre sa voix avec insistance, affirmant sa volonté de s'engager davantage dans les économies africaines. Un discours volontariste, mais qui arrive dans un contexte où Paris doit batailler ferme pour maintenir sa position face à une concurrence internationale de plus en plus agressive.

Car le terrain africain n'est plus un pré carré réservé aux anciennes puissances coloniales. La Chine y est solidement implantée depuis deux décennies, portée par des financements massifs d'infrastructures. La Turquie, les Émirats arabes unis, l'Inde ou encore les États-Unis multiplient eux aussi leurs offensives économiques et diplomatiques. Dans ce contexte de compétition accrue, la France cherche à repositionner son image, écornée ces dernières années par une série de crises politiques dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest — Mali, Burkina Faso, Niger — où elle a dû retirer ses forces militaires et voir son influence se réduire sensiblement.

Pour le Sénégal et les autres pays de la région, cette séquence française à Nairobi n'est pas sans signification. Depuis l'arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, Dakar a affiché une posture de souveraineté économique assumée, réclamant des partenariats plus équilibrés et moins asymétriques. La question n'est donc plus seulement de savoir si la France veut investir, mais à quelles conditions, et si ces conditions correspondent aux attentes nouvelles des États africains qui entendent désormais négocier d'égal à égal.

Le choix de Nairobi comme cadre de ce sommet est lui-même révélateur. Le Kenya s'est imposé comme l'une des locomotives économiques du continent, avec une scène technologique dynamique — la Silicon Savannah — et une classe entrepreneuriale active. En tenant ce discours d'ouverture depuis l'Afrique de l'Est plutôt que depuis les capitales ouest-africaines traditionnellement liées à la France, Paris envoie un signal : sa stratégie africaine ne peut plus se limiter à son ancienne zone d'influence francophone. Les marchés dynamiques sont partout, et les Français entendent ne pas les laisser aux seuls concurrents.

Reste que les annonces d'intention et les actes concrets sont deux choses distinctes. Les sommets économiques consacrés à l'Afrique se succèdent depuis des années — qu'il s'agisse du Forum de Paris sur la paix, du Sommet Afrique-France de Montpellier en 2021 ou des multiples initiatives de l'Union européenne — sans que les flux d'investissements privés français vers le continent aient connu de transformation radicale. Les entreprises françaises, si elles restent présentes dans des secteurs stratégiques comme l'énergie, les télécommunications ou la grande distribution, font face à une érosion progressive de leurs parts de marché [À confirmer pour les données précises secteur par secteur].

La véritable mesure du renouveau annoncé à Nairobi ne se lira pas dans les discours de sommet, mais dans les contrats signés, les emplois créés et les transferts de compétences effectivement réalisés sur le terrain africain dans les mois à venir.

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