Dakar 28°C · ciel clairMarée haute 14h12
Mis à jour il y a 4 min📄 Édition papier · S'abonner

Assemblée nationale : le FDR accuse PASTEF de coup de force institutionnel

Le Front pour la Défense de la Démocratie (FDR) accuse PASTEF d'avoir orchestré un « coup d’État parlementaire » en installant Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée national

Assemblée nationale : le FDR accuse PASTEF de coup de force institutionnel
Assemblée nationale : le FDR accuse PASTEF de coup de force institutionnel — Photo : / À l'Heure
Sénégal

Le Front pour la Défense de la Démocratie monte au créneau et dénonce ce qu'il qualifie de «coup d'État parlementaire» après l'accession d'Ousmane Sonko à la présidence de l'Assemblée nationale. La coalition d'opposition réclame sa démission sans délai.

Le FDR, regroupement de partis et de personnalités opposés à l'actuelle majorité, a rendu publique une déclaration fustigeant les conditions dans lesquelles Ousmane Sonko, Premier ministre et leader de PASTEF, a pris la tête de l'Assemblée nationale. Selon le front, cette situation constitue une concentration de pouvoirs incompatible avec les principes démocratiques qui gouvernent les institutions sénégalaises.

La controverse s'inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu. Depuis l'élection de Bassirou Diomaye Faye à la présidence de la République en mars 2024 et la nomination d'Ousmane Sonko comme chef du gouvernement, PASTEF détient les leviers essentiels de l'exécutif. Le parti a ensuite remporté les élections législatives de novembre 2024, s'assurant une majorité confortable à l'hémicycle, ce qui a ouvert la voie à la désignation de Sonko à la tête du Parlement.

C'est précisément ce cumul que le FDR juge inacceptable. Diriger simultanément le gouvernement et l'Assemblée nationale revient, selon l'opposition, à neutraliser tout contrepoids institutionnel. L'Assemblée nationale est censée contrôler l'action gouvernementale ; elle ne peut exercer ce rôle si son président est lui-même chef du gouvernement. Le FDR y voit une dérive autoritaire masquée derrière une victoire électorale.

Sur le plan constitutionnel, la question mérite attention. Le Sénégal dispose d'une tradition républicaine solide, héritée de décennies d'alternances et de débats juridiques. La séparation des pouvoirs y est un principe fondateur, régulièrement invoqué par toutes les formations politiques lorsqu'elles se trouvent dans l'opposition. Des situations analogues ont été observées ailleurs sur le continent africain, où des majorités écrasantes ont parfois conduit à des recompositions institutionnelles jugées déséquilibrées par les minorités politiques.

PASTEF, de son côté, n'a pas encore répondu publiquement aux accusations du FDR. Le parti au pouvoir considère que sa légitimité repose sur un mandat populaire clair, obtenu lors de scrutins successifs validés par les institutions compétentes. Pour ses partisans, la dénonciation d'un «coup d'État» par une opposition minoritaire relève davantage de la stratégie de communication que d'un véritable fondement juridique.

La tension entre majorité et opposition sénégalaises est appelée à s'intensifier dans les prochaines semaines, notamment lors des débats budgétaires et des premières séances de contrôle parlementaire, qui constitueront un véritable test pour l'équilibre institutionnel du pays.

Partager
WhatsApp
X
Facebook
Copier

Commentaires

Soyez le premier à commenter cet article.

Assemblée nationale : le FDR accuse PASTEF de coup de force institutionnel | À l'Heure